Au collège et au lycée, j’avais toujours l’angoisse de la copie blanche dès lors qu’il s’agissait de faire une dissert. J’avais peur de voir un gros zéro en rouge en tête de ma feuille annoté par ma prof de français aux jupes improbables.
Aujourd’hui, j’ai le trac de la page web blanche dès lors qu’il s’agit de rédiger un article. Je redoute de recevoir de grosses tomates pourries rouges cramoisies à travers mon écran que mes lectrices aux jupes improbables m’auront lancées en guise de protestion contre mon inertie.
J’en fais des cauchemars. Et des fois, je me réveille en sursautant, en me disant « Yeees ! C’est un chouette thème pour mon prochain article ! », et pis le lendemain au réveil, j’oublie.
C’est la vie, c’est la vie.
Jusqu’à hier, 8H56, précises.
Un drame s’est produit.
La cause tragique des escargots tétraplégiques en Pentagonie, à côté, c’est de la nioniotte. (Si un jour on m’avait dit que j’utiliserai le mot « nioniotte », à l’époque j’aurais défié de me le faire tatouer juste en dessous de mon nombril. J’aurais eu l’air fine aujourd’hui, tiens.)
Hier, donc, après le départ de mon homme qui s’en allait lancer des lignes et des lignes de programme informatique pour que toi, lecteur vénéré, puisses capter correctement la téloche et internet sur ton petit boitier orange (et viens pas te plaindre si ça marche pas bien, mon qualifieur de chéri n’a de cesse de reporter les bugs à ses supérieurs qui eux n’ont de cesse de rétorquer « on s’en bat les couilles modems, faut que ça sorte le plus rapidement possible ». Et ouais, ça s’passe comme ça chez Orange),après un ultime ropoutou, des encouragements bienveillants et un « mouhahaha moi chuis en vacanceeeeuh ! », j’ai (enfin) réussi à me débarasser me retrouver seule dans la maison youpiiiii.
C’est que j’ai du boulot, moi aussi, sans dec’.
Après avoir checké les nouveautés de mes sites favoris (aka ventes privées et ses confrères), joué à tlmvpsp en ligne (en m’étant créé 4 comptes pour pouvoir faire plus de parties rapport à ma culture générale qui n’a rien à envier à celle d’un poulpe), lu mes mails, pleuré devant mon compte bancaire, téléchargé quelques films, répondu à des psychotests en ligne et découvrir que j’étais une névrosée-jalouse-hypocondriaque-nymphomane, je suis allée me défouler sur mon vélo d’appartement (qui est mon défouloir par défaut, quand le number one, alias Chéri, est au boulot).
J’allume mon Ipod nano touch, et mes foulées vont au rythme de Donna Summers qui pleure que Enough is Enough, no more teeeeeears. En version remix, s’teu plait.
Autant dire que mes cuisses détestent Donna Summers.
Et là, le drame se produit. Au bout de 60 15 minutes de dur effort, mon Ipod rend l’âme, après avoir englouti trop de sueur.
(Blague coquine du jour: Heureusement que mon homme ne rend pas l’âme après chaque effort… :-p)
Je le sèche avec mon sèche cheveux: rien.
Je tente de le réanimer en lui faisant du bouche à bouche. Toujours rien.
Du coup, j’suis partie chez Apple qui me dit que le rétro-éclairage est foutu. Ils ne dépannent pas et m’offrent une ristourne de 30€ si je rachète un ipod identique à 135€. Je les remercie et file en face, chez Darty. Le conseiller du service après-vente se met à rigoler quand je lui explique l’origine de la panne.
« Faut arrêter de faire du sport, alors ! »
Moi, j’ai pas trouvé sa blague rigolote. S’il voulait raconter une blague hilarante, il n’avait qu’à parler de l’histoire des 3 bonnes femmes dans un ascenseur.
Darty, le contrat de confiance. Ben pas pour les bonnes vannes, en tout cas.
« Mais j’peux pas arrêter le sport, vu tout ce que je mange dans une journée ! » que je lui réponds exaspérée.
« Tsssss, y’a plein de personnes qui aimeraient avoir votre taille ! »
J’ai d’abord crû qu’il tentait une seconde vanne merdique.
Mais non, il était on-ne-peut-plus-sérieux. Je me suis sentie devenir aussi rouge que son gilet Darty. Bon finalement, on ne peut pas lui en vouloir de faire des blagues de merde, c’est pas donné à tout le monde d’avoir le sens de la répartie et un bon humour. Déjà, c’est un homme qui a bon goût. Mais qui n’a pa réussi à me convaincre de faire réparer mon foutu ipod, car le devis monte à 40€, auxquels s’ajoutent les frais de réparations, pièces et main d’oeuvre.
Tu l’as dans l’cul Lulu Kinou.
Maigre consolation: cet incident m’aura épargné une page blanche…


