Achives de la catégorie ‘What the Fuck ???!’

20 mai
2013

De tout et de rien

Aujourd’hui, j’aurais pu te parler de :

  • notre inondation de plus d’un mètre de profondeur au bahut, nous valant une semaine de chômage technique avant les vacances.

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  • mon voyage scolaire à Londres et comment j’ai pas réussi à semer les élèves dans la capitale pour pouvoir boire un chocolat chaud tranquilou avec ma collègue au Starbucks Coffee sans que ces derniers ne fassent le pied de grue devant l’enseigne. (Sans dec, ils m’ont pris le chou pendant des semaines à me réclamer des moments de quartier libre, et une fois sur place, ils ne nous lâchent pas d’une semelle. Nan mais c’est quoi leur problème, sérieux ???!)

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  • mes chefs qui veulent coûte que coûte me coller une stagiaire « emploi avenir » à la rentrée.

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Bah non, une prime de 300€ à la fin de l’année en reconnaissance de l’investissement et de la surcharge de travail que cela occasionne, désolée mais non, très peu pour moi.

  • du casting Les Z’Amours que Chéri et moi avons passé (du moins, la pré-sélection) et qu’on s’est fait recaler. Pfff, même pô mal. D’toute façon, j’aime pas les animateurs qui ont le prénom d’une marque de vêtements de supermarché.

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  • ma nouvelle coupe de cheveux en dégradé que j’ai faite moi-même d’après les tutoriels de youtube. Il suffit de se faire 2 queues de cheval en se répartissant les cheveux ainsi : sommet du front jusque derrière les oreilles, et une 2è queue de cheval avec le reste des cheveux (perso, j’ai fait 3 queues de cheval pour avoir un double dégradé, mais ce ne serait pas facile à expliquer donc je poursuis avec la version simple). En gros, vous imaginez un serre-tête,  c’est votre ligne de séparation pour les 2 queues de cheval. Ramenez la pointe de la queue de cheval devant et coupez à hauteur du nez ou de la bouche selon la longueur désirée. Refaire pareil avec la 2ème queue de cheval. L’idéal est d’utiliser des ciseaux à dents pour les pointes, ça évite de faire un trait tout droit. Bref, c’est joli et surtout, je ne ressors pas du coiffeur en ayant l’impression qu’elle m’ait enlevé 25% de ma chevelure.

 

  • comment mon fils âge de 9 ans m’a fit trop rire alors que nous étions au Futuroscope, à patienter devant une attraction et qu’il me demande subitement:

- Maman, pourquoi cette attraction, elle est interdite aux personnes qui sont divorcées ?

- ????

- Ben oui, regarde le dessin: il y a un coeur brisé.

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Non, aujourd’hui, je vais te parler de Chéri.

Oui, parce que Chéri, il trouve que je ne parle pas assez de lui dans mon blog.

- Nan, mais tu te rends compte qu’il n’y a pas encore eu un seul article qui me soit consacré sur ton blog.

- Oui, justement, mon blog.

Les hommes, j’te jure…

Donc voilà: aujourd’hui ce sera « Chéri dans toute sa geekitude ».

L’autre jour, j’ai emmené de force mon homme, informaticien de son état, à la médiathèque et j’ai même réussi l’exploit à lui faire emprunter un livre. (Je te le donne en mille… »La biographie de Steve Jobs ». Hum.)

Le soir, on bouquine, et au moment d’éteindre, je lui demande s’il veut bien recharger mon téléphone (dont le chargeur se trouve de son côté). Et là, il se met à exploser de rire.

- Ben qu’est-ce qui te prend ???

- C’est énooooorme !!! J’ai posé un système Androïd sur la tronche à Steve Jobs !!!

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C’est moi ou toi aussi tu trouves que Chéri, il a un humour qui ne fait rire que lui ?

Chéri a un humour qui n'a rien à envier aux blagues Carambar ?

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22 fév
2013

Réflexions d’élèves

  • L’élève qui a la remarque la plus pertinente :

 

  • L’élève qui te prend pour un distributeur automatique :

 

  • L’élève qui te prend pour sa meilleure pote  :

 

 

  • L’élève qui a un sens redoutable de l’observation :

  • L’élève amoureux transi :

 

 

  • L’élève qui, en rentrant en cours, a osé me demander ce que jamais personne n’avait encore osé auparavant :

 

 

Au moins, pendant les vacances, je serai looooooin de tout ça. Hé hé…

 

 

 

Oh, fuck…

5 fév
2013

Monday morning

Le lundi matin, c’est connu, c’est pas cool.

Mais alors pas cool du tout.

Surtout quand tu lis un mail à 7H15 dans ta boite pro, venant d’une mère d’élève dont le fils est un tantinet tire-au-flanc.

Bonjour Madame,

Je vous remercie de nous indiquer la date à laquelle aura lieu la réunion pour les parents.

 Par ailleurs, nous avons reçu un courrier nous informant que Guillaume a été absent le 25 janvier de 13 H à 17 H. Guillaume nous a donné un billet d’infirmerie signé par l’infirmière nous indiquant qu’il était présent à l’infirmerie le 25 janvier de 13 H 45 à 16 H 45.

Merci de nous tenir informés s’il y a un problème.

Mme Chiante

Je lui réponds, entre 2 bouchées de Chocapic:

Ho, t’as crû qu’y avait écrit Bureau de Vie Scolaire sur mon front  ou quoi ?

Bonjour Madame Chiante,

La réunion aura lieu vendredi 1er février de 17h à 20h. Guillaume a eu la feuille jeudi dernier, il faut prendre les RDV avec les professeurs que vous souhaitez rencontrer selon les créneaux disponibles indiqués sur la feuille.

Pour les absences, il faut que vous voyez cela avec la vie scolaire, c’est eux qui gèrent les absences et retards. S’il a un mot de l’infimerie justifiant son absence, il n’y a aucun soucis.

Bonne journée,

Mme Kinou.

Réponse de l’intéressée :

Bonjour Madame,

 Guillaume m’a informée ce matin qu’il avait bien reçu une feuille de votre part et qu’il l’avait jetée. (Là, j’ai failli m’étouffer avec mes céréales )

 Comme je vous l’avais déjà indiqué, il faut absolument que tous les documents devant être remis aux parents nous soient adressés directement. (Et tu ne veux pas que je lui torche le cul après chaque selle non plus ?!)

Je vous en remercie par avance.

Mme Ultra-Chiante

Bon, alors là, mon sang ne fait qu’un tour. Faut pas pousser le bouchon à Maurice dans le buisson épineux de Mémé, quand même !

Sans dec, quoi.

Genre, j’ai qu’un élève à gérer.

Genre, en première, t’es pas capable de ramener une feuille à maman.

Genre, je vais me coltiner de la paperasserie, moi qui mets 3 mois à renvoyer mes feuilles de remboursement médical.

 

Madame Chiantissime,
 Certes vous m’aviez informée que le lycée devait dans la mesure du possible vous adresser les papiers car Guillaume oubliait de les donner suite à son accident de voiture qui lui provoque des pertes de mémoire. En revanche je n’ai pas à être tenue responsable des papiers que Guillaume ne vous transmet volontairement pas.
Cordialement, 
Mme Kinou
Madame répondra plus tard qu’elle ne sait plus faire la part des choses entre le comportement de son fils dû à son accident et celui dû à sa gaminerie.
Le lendemain, je vois Guillaume qui me redemande une feuille de RDV.
- Et tu comptes m’en demander à chaque cours, des feuilles ?
- Nan, mais c’est parce que j’ai jeté l’autre après que ma mère m’ait dit qu’elle voulait pas venir à la réunion parents-profs. Et elle a changé d’avis, donc j’ai besoin d’une feuille.
- Mouais….
Le RDV est pris, calé entre 2 autres rencontres parents-profs.
Le lundi suivant, en cours:
- Au fait Guillaume, ça l’amuse ta mère de prendre des RDV et de ne pas venir ?
- Ben je vous avais bien dit qu’elle ne savait pas ce qu’elle voulait !
Dans la famille Chiante, je me demande qui de la daronne ou du fiston se fout de ma gueule…

13 jan
2013

Superconnasse

Il y a une bonne femme, type sorcière, dont je ne t’ai jamais parlé bien que cela fasse 4 ans maintenant que je la côtoie quasi quotidiennement.

La vie des fois, elle te réserve des sales tours quand même.

Parce que d’une, cette pute conne, elle enseigne dans le même bahut. La même matière que moi. Et à une lettre près, a le même nom de famille que moi, ce qui peut générer des quiproquos avec les élèves qui ne la supportent pas, vu qu’elle est odieuse avec tous ceux qu’elle croise, ou qu’elle pique des crises d’hystérie avec ses propres élèves, ce qui provoque le silence absolu dans ta salle avoisinant la sienne.

Suivi d’une éclat de rire généralisé de mes loulous qui se disent pourvu qu’on vous ait encore l’an prochain m’dame parce qu’on veut pas avoir cette espèce de folle.

Il y a 2 ans, j’avais récupéré une de ses classes. Il y avait une seule fille et elle avait une profonde haine envers Superconnasse.

- Nan mais M’dame, si on fait un jour un voyage en Angleterre et que Superconnasse y est, moi j’viens pas.

- Ben Céline ? C’est à ce point-là ?

- Vous ne savez pas ce qu’elle m’a fait. L’an dernier, elle me demandait de rester après chaque cours pour me parler et me poser des questions qui sont devenues de plus en plus personnelles. Et comme j’avais confiance et qu’elle me comprenait, je me suis livrée. Et un jour, elle s’en est servie contre moi et elle a tout balancé devant toute la classe !

Pourtant, c’est vrai que Superconnasse, au premier abord, elle peut paraitre sympa. Lors de mon 1er jour dans ce lycée, elle me proposait de venir chez moi le week-end pour qu’on prépare nos cours ensemble. Et qu’elle aimait tellement comment je m’habillais qu’elle se proposait de me racheter mes fringues. Du coup, je ne comprenais pas trop pourquoi les collègues l’évitaient.

Puis, j’ai vite compris, quand:

  • une collègue d’anglais te prévient de ne JAMAIS lui donner ton numéro de téléphone, parce que sinon, elle te monopolise pendant des heures. Ou monopolise ton répondeur si tu ne daignes pas décrocher (elle peut s’y prendre jusqu’à 5 fois pour laisser un message tellement elle en a des choses à dire)
  • tout le monde lui tourne le dos en salle des profs, ou cherche à s’éclipser quand elle se dirirge vers toi.
  • elle emmène son chien au lycée et le laisse enfermé dans sa voiture toute la journée.
  • elle te retient pendant une heure alors que t’as fini ta journée et que t’as qu’une hâte, c’est de rentrer.
  • elle critique la façon que tu as de faire ton cours.
  • elle te demande de prendre position par rapport à un mail qu’elle veut envoyer au proviseur qui justifie pourquoi elle a fait une demande de changement d’heure (qu’elle a obtenue) et que le proviseur la sermonne car elle a fait faux bond aux élèves. « Nan mais j’avais RDV avec mon banquier car il me reproche d’être dans le rouge et que malgré cela, je vais diner au Buffalo Grill avec ma fille ». « Euh ? Sérieusement, tu comptes justifier ton absence avec cet argument ???? »
  • elle est dans une salle de travail juste à côté de ta salle de cours et que tu sais qu’elle a l’oreille plaquée contre le mur.
  • elle a passé son concours d’inspectrice l’an dernier (et s’est vautrée)
  • elle te demande si tu montes en cours.  »Bon alors, tu peux dire à mes élèves de m’attendre gentiment le temps que je finisse mon café ».
  • ses stagiaires vont se plaindre d’elle auprès du proviseur adjoint.
  • elle accuse son stagiaire de la harceler au téléphone alors que ce serait plutôt l’inverse.
  • une de mes collègues m’a demandé d’envoyer un mail à toute l’équipe pour donner des infos sur une réunion alors que Superconnasse, étant coordinatrice, aurait dû le faire. Sauf qu’elle n’était pas là ce jour-là et qu’il fallait communiquer l’info rapidement, et que pour un mail, quand même, c’est pas la fin du monde si je le fais à sa place. « Le proviseur nous donne RDV le 9 juin à 10H30 en salle N101 pour la répartition des classes de l’an prochain ». Eh ben elle ne m’a pas adressé la parole jusqu’à la fin de l’année, pas même répondu à mon « bonjour » quand je la croisais. Et à la rentrée de septembre, elle s’étonne de ne pas avoir été invitée à mon mariage en août. Pire, parano comme elle est, elle a fait le tour de tous mes collègues d’anglais pour savoir qui avait été invité ou pas.

Le genre de biatch qui, alors que tu rentres de ta pause, peut saper ton autorité devant tes élèves en t’engueulant comme du poisson pourri parce qu’ils ont tranquillement passé la récré assis dans le couloir et que c’est inadmissible. Et que les élèves te disent: « Nan mais M’dame, faut pas la laisser vous parler sur ce ton-là ! » Sauf que tu es tellement estomachée que sur le moment, t’as pas réagi. Il se trouve que la collègue à qui elle a osé faire ça, c’est ma Best de collègue à moi, que je la kiffe du feu de Dieu, et qu’aujourd’hui, Superconnasse tente le rapprochement avec ma topine pour mieux m’isoler des collègues.

Oui, car figure-toi que Kinou s’est fait blacklister.

Si.

J’te le jure. Sur la tête de Superconnasse.

Tout a commencé en octobre dernier quand je travaillais sur l’ordi en salle des profs et qu’elle est arrivée vers moi comme une furie.

- J’en ai marre, y’a rien qui fonctionne. J’ai des BTS et je peux pas les faire travailler avec le matos qui nous manque !

- Bonjour.

- Donc, j’ai une bonne nouvelle quand même. J’ai vu la proviseure au sujet du matériel et

- Ah oui, j’ai eu son mail, on va avoir des vidéos-proj dans nos salles !

- Je rebondissais juste sur ce que tu étais en train de dire !

- (elle, prenant une profonde inspiration, comme si elle se disait: Cool, Superconnasse, surtout reste cool…) Et moi je te dis que j’ai aussi vu la proviseure, qu’elle était scandalisée par l’attitude de notre technicien qui m’a envoyée bouler. Et qu’on aurait une réunion avec elle pour se concerter sur les besoins qu’on avait pour le matos. En plus, là, je suis fatiguée, j’ai plein de problèmes. Moi je viens gentiment te dire où ça en est…

- Et tu n’es pas la seule à être fatiguée. Et comme je te l’ai déjà dit, je ne faisais que rebondir sur ce que tu disais, point barre.

Là, une collègue d’anglais arrive et se joint à nous.

- (Superconnasse): J’ai vu la proviseure au sujet du matos et

- (Collègue): Ah oui, d’ailleurs j’ai eu son mail.

Je peux te dire que je jubilais à l’intérieur.

Et pourtant, même si ma collègue et moi avons eu la même réaction, c’est à moi qu’elle fait farouchement la gueule depuis 3 mois. Peut-être aussi parce que j’en ai eu assez de me montrer conciliante, de prendre sur moi et de passer ses accès de colère ou le ton agressif qu’elle utilise à chaque fois qu’elle est à cran. Et que ce n’était pas parce qu’elle avait 20 ans de plus que le respect était à sens unique.

Merde, quoi.

Du coup, avec toute la classe qui la caractérise, elle a envoyé un mail de bonne année à toute l’équipe d’anglais sauf à moi et son ex-stagiaire. Et invariablement quand elle se trouve en salle des profs, elle accapare un ou deux collègues et s’esclaffe, parle fort, comme pour dire: « t’as vu, moi j’ai des potes et pas toi ! »

Ce qu’elle ne sait pas, c’est que quelques minutes auparavant, un collègue de maths me disait:

- Il faudrait que les collègues d’anglais veniez prendre le thé dans notre salle de travail. Enfin, tous sauf une….

- Oui, j’ai une vague idée de qui tu parles.

- Elle est mauvaise. Vraiment mauvaise.

Le pire, c’est que j’ai ouï dire que j’aurais une formation sur la section européenne.

Et devine qui va être la formatrice ?

Youpi.

Ben moi, chuis pas rassurée du tout…

 

 

 

30 déc
2012

Boucles d’oreilles homemade

Ca fait un moment que j’ai craqué pour ces boucles d’oreilles de chez The French Factory que j’avais découvert via le blog génialissime de princesse soso.

Mais le prix me refroidit, voire même il me cryogénise. 45€ (au lieu de 55€, mais quand même, ça reste un peu trop cher à mon goût), auquel il faut rajouter les frais d’envoi, alors qu’il y a les soldes qui se profilent à l’horizon et le chant de mes enseignes préférées qui m’attire comme un pot de nutella ouvert.

Le lien si tu veux te les acheter : http://theshop.thefrenchfactory.com/fr/bijoux/bouclesdoreilles/dormeuse-what-the-fuck.html

D’autant qu’il y a aussi ces pendantes trop mignonnes :

…pour la modique somme de 55€ !

http://theshop.thefrenchfactory.com/fr/bijoux/bouclesdoreilles/boucles-oreilles-jaime-le-chocolat.html

Donc, j’ai beau être nulle en maths, il n’en reste pas moins que débourser 45€+55€ pour 2 paires de boucles d’oreilles en toc, ça fait aussi mal que d’accoucher sans péridurale.

Du coup, je suis allée sur le site a little mercerie et j’ai fait des emplettes pour une vingtaine d’euros au total.

J’ai pris un peu de liberté par rapport aux modèles d’origine. Une fois mes petits paquets reçus, hop je m’attaque à l’assemblage. Quelques heures plus tard, voici le résultat : (clique dessus pour agrandir)

 

Alors, ça l’fait, non ?

6 nov
2012

Le retour de Têtàclak et comment j’ai pas su gérer

Comment ça passe trop vite les vacances, truc de ouf, j’te raconte même pas !

D’autant que lundi prochain, jour de rentrée, j’ai quelques comptes à régler avec un certain….Têtàclak.

Têtàclak, je t’ai déjà parlé de lui l’année dernière. Eh ben figure-toi que j’ai la joie et le bonheur de le ravoir cette année en 1ère.

Heehaa…

 

 

Il a grandi depuis l’année dernière, mais pas en maturité. Et il est toujours aussi con chiant teigne emmerdeur buté que l’an passé. Un jour, il est même arrivé en retard à mon cours parce qu’il avait eu un soucis avec mon collègue de VSP (Vie Sociale et Professionnelle) qui a malencontreusement déchiré une bretelle de son sac à dos après avoir demandé à Têtàclak de se déplacer et que ce dernier ait refusé.  Aussi, mon collègue a pris le taureau par les cornes  sac à dos par la bretelle tandis que Têtàclak a tenu le sac par l’autre bretelle.

Tu vois le genre, quoi… Pas du tout relou le mec…

Et donc, dernier cours avant les vacances, j’annonce aux élèves que le projet de voyage à Londres prévu en avril avance bien, malgré les embûches rencontrées, ça se concrétise sérieusement. Et lui, tout ce qu’il trouve à dire, c’est :

- Hé M’dame, y’a Salim qui demande si vous vous habillez avec les rideaux de vot’ grand-mère ?

- (Salim): Pfff trop pas, abruti, va !

Je décide de ne pas relever, de ne pas rentrer dans son jeu de provoc, et je poursuis mon cours.

Quelques minutes + tard, Têtàclak continue de m’asticoter au sujet de ma robe.

- Ecoute Têtàclak, tout le monde n’a pas la chance d’avoir une maman qui m’emmène à Stokomani pour m’acheter des fringues.

- Stokoquoi ? J’connais pas…

- Bizarre, il me semblait pourtant t’y avoir vu cet été…

- (Têtàclak, embarrassé): Ouais, j’crois pas non…

- (Salim): C’est quoi Stokomani ? Un genre de Noz ?

- Oui, c’est ça, c’est un dégrossiste.

- Ha ha, Têtàclak il s’habille chez Noz !

- (Têtàclak, en mode vénère): Zyva ! Jamais d’ma vie, je suis allé là-bas ! Et puis, elle croyait quoi la prof ? Que j’allais me taper la causette avec elle ?

- Non, juste dire bonjour, au lieu de tourner la tête….T’avais peur que je parle à ta mère de ton comportement en cours ?

- Toute façon, chuis fier moi, d’aider ma mère à porter les courses.

- Bah tant mieux. Maintenant, tu te mets au travail et t’arrêtes de parler.

Sauf qu’il ne s’est pas mis au travail, et qu’il n’a pas cessé ses bavardages. J’aurais pû le virer de cours, mais pour moi l’exclusion doit rester une mesure extrême. Au lieu de cela je lui ai demandé de se déplacer. Il a même fallu insister. Là encore, j’avais suffisamment de motifs valables pour l’exclure. Et pourtant, j’ai dû être dans mon jour de grande patience, j’ai toléré son insolence, son entêtement, je crois que j’ai aussi et surtout voulu éviter le conflit autant que possible.

- Faut que je compte jusqu’à 3 comme je fais avec mon fils de 6 ans ???!

- (les autres) Allez Têtàclak, fais pas hiech, tu bouges.

Je commence à me féliciter intérieurement de le voir se déplacer, et de pouvoir reprendre le cours dans de meilleures conditions.

Ouh làlà, je me suis fourrée le doigt dans l’oeil jusque dans le rectum.

- N’empêche, moi, j’assumerai pas de porter une robe comme ça. ! Et puis faudrait pas confondre maquillage et pot de peinture.

A mon tour de passer en mode vénère…

 

 

Dommage que ce soit interdit dans le réglement intérieur, tiens…

Là encore, avec le recul, je me dis que j’aurais dû le virer. Mais j’ai tellement eu les nerfs que pour moi, c’était maintenant trop facile de le laisser s’en tirer comme ça. L’humain et ma fierté ont pris le dessus sur la prof,  et j’ai voulu lui rendre par les mots la violence qu’il venait de m’envoyer (même si la réaction des autres m’a réconfortée, quand ils lui ont dit de se calmer, « Ca s’fait trop pas ce que tu dis Têtàclak, en plus la prof elle est gentille ! » Tu parles, elle est surtout trop con, oui, trop bon trop con, c’est connu. Purée, ils m’auraient presque fait chialer à avoir pris ma défense face à « l’un des leurs »)

- En attendant, je préfère encore avoir un pot de peinture en guise de visage qu’une tronche comme la tienne qui ne ressemble à rien !

- (les autres): Baaaaaaaaam !

- (Têtàclak, les larmes aux yeux): Mais pourquoi vous êtes méchante avec moi ? Je ne vous ai pas insultée ! C’est parce que ce que je vous ai dit sur votre robe, ça vous a blessée ?

- Evidemment que ça blesse ! Tu vois ce que ça fait quand on t’agresse avec des mots, et la méchanceté gratuite qui vient de nulle part !

- Mais j’vous ai pas agressée, c’est vous qui avez commencé à parler de ma mère !

- Maintenant, tu la fermes, tu comprends rien à rien. Tu me cherches, tu me trouves, point-barre. Tu me tacles, je te taclerais de la même manière. Crois pas que je vais encaisser tes réflexions à la con sans broncher. Et crois-moi aussi qu’on ne va pas en rester-là.

[...]

En salle des profs, 10 minutes + tard:

- Nan, mais surtout, tu me le dis, je ne le prendrai pas mal, mais je préfère qu’on soit franche avec moi que d’avoir l’air ridicule.

-  Mais je t’assure, tu ne mets pas trop de maquillage. Je te le dirai sinon.

5 minutes + tard, bureau des CPE:

- T’es sûre hein Babeth ?

- Mais ouiiiiii ! T’as encore de la marge !

3 heures + tard :

- Mais non mon coeur, tu ressembles pas à un pot de peinture ! Il a juste vu que t’avais un peu de mascara alors il a voulu jouer là-dessus car il n’avait pas d’autres points d’attaque.

- Heu, si, ma robe…

Pourtant, elle est jolie ma robe, non ?

 

 

13 avr
2012

Page blanche

Au collège et au lycée, j’avais toujours l’angoisse de la copie blanche dès lors qu’il s’agissait de faire une dissert. J’avais peur de voir un gros zéro en rouge en tête de ma feuille annoté par ma prof de français aux jupes improbables.

Aujourd’hui, j’ai le trac de la page web blanche dès lors qu’il s’agit de rédiger un article. Je redoute de recevoir de grosses tomates pourries rouges cramoisies à travers mon écran que mes lectrices aux jupes improbables m’auront lancées en guise de protestion contre mon inertie.

J’en fais des cauchemars. Et des fois, je me réveille en sursautant, en me disant « Yeees ! C’est un chouette thème pour mon prochain article ! »,  et pis le lendemain au réveil, j’oublie.

C’est la vie, c’est la vie.

Jusqu’à hier, 8H56, précises.

Un drame s’est produit.

La cause tragique des escargots tétraplégiques en Pentagonie, à côté, c’est de la nioniotte. (Si un jour on m’avait dit que j’utiliserai le mot « nioniotte », à l’époque j’aurais défié de me le faire tatouer juste en dessous de mon nombril.  J’aurais eu l’air fine aujourd’hui, tiens.)

Hier, donc, après le départ de mon homme qui s’en allait lancer des lignes et des lignes de programme informatique pour que toi, lecteur vénéré, puisses capter correctement la téloche et internet sur ton petit boitier orange (et viens pas te plaindre si ça marche pas bien, mon qualifieur de chéri n’a de cesse de reporter les bugs à ses supérieurs qui eux n’ont de cesse de rétorquer « on s’en bat les couilles modems, faut que ça sorte le plus rapidement possible ». Et ouais, ça s’passe comme ça chez Orange),après un ultime ropoutou, des encouragements bienveillants et un « mouhahaha moi chuis en vacanceeeeuh ! », j’ai (enfin) réussi à me débarasser me retrouver seule dans la maison youpiiiii.

C’est que j’ai du boulot, moi aussi, sans dec’.

Après avoir checké les nouveautés de mes sites favoris (aka ventes privées et ses confrères), joué à tlmvpsp en ligne (en m’étant créé 4 comptes pour pouvoir faire plus de parties rapport à ma culture générale qui n’a rien à envier à celle d’un poulpe), lu mes mails, pleuré devant mon compte bancaire, téléchargé quelques films, répondu à des psychotests en ligne et découvrir que j’étais une névrosée-jalouse-hypocondriaque-nymphomane, je suis allée me défouler sur mon vélo d’appartement (qui est mon défouloir par défaut, quand le number one, alias Chéri, est au boulot).

J’allume mon Ipod nano touch, et mes foulées vont au rythme de Donna Summers qui pleure que Enough is Enough, no more teeeeeears. En version remix, s’teu plait.

Autant dire que mes cuisses détestent Donna Summers.

Et là, le drame se produit. Au bout de 60 15 minutes de dur effort, mon Ipod rend l’âme, après avoir englouti trop de sueur.

(Blague coquine du jour: Heureusement que mon homme ne rend pas l’âme après chaque effort… :-p)

Je le sèche avec mon sèche cheveux: rien.

Je tente de le réanimer en lui faisant du bouche à bouche. Toujours rien.

Du coup, j’suis partie chez Apple qui me dit que le rétro-éclairage est foutu. Ils ne dépannent pas et m’offrent une ristourne de 30€ si je rachète un ipod identique à 135€. Je les remercie et file en face, chez Darty. Le conseiller du service après-vente se met à rigoler quand je lui explique l’origine de la panne.

« Faut arrêter de faire du sport, alors ! »

Moi, j’ai pas trouvé sa blague rigolote. S’il voulait raconter une blague hilarante, il n’avait qu’à parler de l’histoire des 3 bonnes femmes dans un ascenseur.

Darty, le contrat de confiance. Ben pas pour les bonnes vannes, en tout cas.

« Mais j’peux pas arrêter le sport, vu tout ce que je mange dans une journée ! » que je lui réponds exaspérée.

« Tsssss, y’a plein de personnes qui aimeraient avoir votre taille ! »

J’ai d’abord crû qu’il tentait une seconde vanne merdique.

Mais non, il était on-ne-peut-plus-sérieux. Je me suis sentie devenir aussi rouge que son gilet Darty. Bon finalement, on ne peut pas lui en vouloir de faire des blagues de merde, c’est pas donné à tout le monde d’avoir le sens de la répartie et un bon humour. Déjà, c’est un homme qui a bon goût. Mais qui n’a pa réussi à me convaincre de faire réparer mon foutu ipod, car le devis monte à 40€, auxquels s’ajoutent les frais de réparations, pièces et main d’oeuvre.

Tu l’as dans l’cul Lulu Kinou.

Maigre consolation: cet incident m’aura épargné une page blanche…

22 mar
2012

Non, je ne suis pas possessive !

Hello ma p’tite caille déplumée,

Je sais pas toi, mais moi, souvent, je réfléchis. J’veux dire, réfléchir tout en regardant mon homme faire faisant la vaisselle, ou le repassage, ou encore dans ma voiure en me curant le nez à un feu rouge.

Mais attention, hein, je te parle d’une vraie réflexion intense, sur le sens de la vie, de ton devenir, et du prix actuel de ce putain de gasoil qu’avec un plein, je pourrais m’offrir l’équivalent de mon poids en pots de nutella.

Bref, le genre de réfexion qui te fait bander.

(Pardon ma p’tite varice, j’oubliais que tu n’étais pas forcément coutumière de ce jargon de d’jeuns… « Bader », synonyme de : « avoir le seum ». Par exemple, tu peux bader quand tu viens de te faire « doucher » ou « byer » (prononcer « bailler ») (d’ailleurs, je ne suis pas sûre de l’orthographe, ça m’fout l’seum ! )) NDLR

Et justement, alors que j’étais plongée dans une profonde introspection, je me suis dit que jamais plus tard, je ne voudrais être le genre de mère possessive ou belle-mère insupportable.

 

D’ailleurs, jamais je ne voudrais que mon fils ait les cheveux gominés, non plus.

Un soir, en rentrant de l’école…

- Mimi, sors ton cahier de textes, on va faire les devoirs !

- Attends maman, je n’y vas aux toilettes d’abord.

Oui, mon fils doit certainement penser qu’il a le cerveau plus performant avec une vessie vide.

Et oui, mon fils ne sait pas conjuguer le verbe « aller » au présent de l’indicatif.

En attendant, je sors moi-même son cahier de textes et sa trousse quand soudain je m’aperçois d’une enveloppe qui traine entre deux cahiers. Cela doit être une invitation. Au même moment, Mimi sort des chiottes et me dit:

- C’est Mathilde qui me l’a écrite la lettre. C’était avant les vacances.

Mathilde, c’est une mignonne petite gamine de sa classe (même s’il faut reconnaitre que depuis qu’elle a ses dents qui repoussent de traviole, elle a perdu en charme quand même, hein), ils se suivent depuis la moyenne section.

Mimi accepte sans broncher que je lise cette lettre.

D’une, ce n’est pas une invitation.

De deux, y’a pas que les dents qui sont de traviole chez Mathilde, son écriture aussi.

De trois, ce soir, à la sortie, je lui crève les yeux avec mon porte-mine pailleté Hello Kitty.

D’où qu’elle a cru pouvoir approcher MON fils, elle ???!!

13 mar
2012

Gastro-antiride

Quel bonheur de se faire réveiller à 4h puis à 5h du mat’ par ton marmot de 8 ans qui crie « MAMAAAAAAN !!! » entre 2 vomissements.

Et que t’es censée te réveiller dans une heure trente, pour affronter d’autres marmots qui crieront « MADAAAAAME !!! » entre 2 exos de grammaire.

 

Au réveil, Mimi dit qu’il ne se sent toujours pas bien. Il va faire des heureux, et il ne le sait même pas.

J’appelle le lycée pour informer que je ne ferai pas cours aujourd’hui. Ensuite, je l’emmène chez le docteur qui lui diagnostique une gastro-entérite, sans surprise au regard des symptômes chiassovomitos qu’il présente.

Mimi est ravi. Malade, mais ravi.

Une qui est moins ravie, c’est moi; j’ai dû m’y prendre à 2 fois pour réussir à nettoyer la couette et sa housse, et sans vouloir rentrer les détails, je n’étais pas au top de mon sex-appeal quand j’ai sorti la couette du lave-linge pour aller la faire sécher à l’étage et qu’une fois arrivée en haut, je m’aperçois que la couette humide contre laquelle était plaquée ma hanche était encore recouverte de quelques moules-frites mâchées et digérées, vestige quasi intact du déjeuner de la veille. Le tout parfumé d’une odeur de savon de Marseille, relevée d’un soupçon d’acidité.

 

Pour ne pas que Mimi trouve que c’est vachement trop d’la balle d’être malade et chouchouté par môman au lieu d’aller à l’école, il n’a pas le droit de regarder la télé, ni de jouer aux jeux vidéos.

Mimi accepte sans broncher; toute façon, c’est toujours mieux que d’aller à l’école.

Pendant que je traine sur facebook fais un brin de ménage dans la maison, il bouquine, puis fait un dessin. Le tout dure 5 minutes. Il me suit un peu partout au fur et à mesure que je vais de pièce en pièce étendre le linge propre sur les radiateurs pour le faire sécher. Je gronde Mimi quand je le vois sauter sur mon lit.

- Hé dis donc, pour quelqu’un de malade, tu pètes la forme quand même, hein…

Mimi réaffiche son air de malade en phase terminale. Il a tellement peur que je l’envoie à l’école qu’il s’allonge sur mon lit pour faire une sieste.

Je le laisse se reposer et pars dans le jardin ramasser les crottes du chien.

Merde et vomi, mmmmm~mmmm, une journée comme je les aime…

(Evidemment, ce serait trop trop simple si l’histoire s’arrêtait là, mais Chéri a trouvé ça drôle de casser par inadvertance le manche de la pelle à caca quand c’était son tour de les ramasser la dernière fois).

HEU-REU-SE, que je suis.

J’ai à peine eu le temps de catapulter 3 crottes dans le champ des voisins que Mimi m’appelle depuis la fenêtre du salon:

- MAMAAAN !!!

- What now ???! J’peux pas ramasser des crottes tranquille ?!

- C’est quoi le jouet qui fait des guilis ?

- Hein ?

- Dans ta chambre, c’est à qui le jouet qui était sous ton lit ?

- J’en sais rien, y’a pas de jouet dans ma chambre.

Mimi a décidé d’en avoir le coeur net. Lui alors, quand il a quelque chose en tête…

Il ouvre en grand la porte fenêtre et montre l’objet en question, source de son intriguement intriguitude intrigation.

- Ca, c’est quoi ?

 

Ah, ça.

 

 

- Alors, euh, ça, héhé, c’est à moi, et euh…c’est pas pour les enfants.

- Pourquoi ? C’est rigolo, ça chatouille dans la main !

- Bon alors, déjà, on va l’éteindre, hein. Ensuite, c’est pour les grandes personnes.

- Pourquoi ?

- Parce que…elles ont des rides, et que les enfants n’en ont pas. Alors, les vibrations sur le front, ça réduit les rides, et on a l’air plus jeune. Mais les enfants, comme ils n’ont pas de ride, ils n’ont pas besoin de ça.

Que veux-tu, j’ai toujours été nulle pour trouver de faux prétextes.

Du coup, je l’ai laissé regarder les Schtroumpfs à la télé.

Des fois qu’il aurait découvert d’autres anti-rides…

 

 

12 mar
2012

MissTasspé ou la patience mise à rude épreuve

Y’a des jours, t’as moins de patience que d’habitude.

Surtout en période de régime.

Et justement, la semaine dernière, j’étais en plein dans ma période je-tente-un-régime-pour-la-20ème-fois-ce-mois-ci-mais-je-ne-désespère-pas-de-tenir-une-heure-sans-grignoter (surtout que ça y est, j’ai fini mon pot de nutella pour ne plus rien avoir à me tenter dans le placard). Autant dire que le régime est à ma bonne humeur ce qu’une étincelle est à une bombonne de gaz : ça me rend explosive !

En gros, faut pas me faire chier, tu vois.

Surtout quand j’en suis à ma 3ème heure de sevrage de la journée (certes, pas 3 heures d’affilée) et que Pauline -alias MissTasspé - a décidé (et non pas décédé -et c’est bien dommage-) de te hérisser le poil avec sa bonne humeur légendaire qui n’a rien à envier à la mienne en ces temps de diète.

La biatch.

Lundi, conseil de classe. Elle est là en tant que dégueulée déléguée. A sa moyenne catastrophique, le proviseur lui demande ce qu’elle fout un peu là.

D’ailleurs, moi aussi je me demande ce que je fous un peu là alors qu’il y a Money Drop à la téloche.

- Bah, c’est parce que je suis obligée et comme je savais pas quoi faire, je croyais que le secrétariat ça serait facile. Mais moi les cours, ça m’intéresse pas, après j’voulais aussi faire serveuse mais mes copines m’ont dit que j’allais trop m’galérer, alors j’ai décidé d’aller en coiffure l’année prochaine, faut juste que je me trouve un patron.

- Faut surtout que tu te trouves un cerveau. Mais tu as conscience que c’est pas si facile de trouver un patron et que tu seras quand même face à des contraintes comme de travailler le samedi, de faire des grosses journées, sans parler que la coiffure, c’est une filière bouchée ?!

En plus, j’ose même pas imaginer la coupe qu’elle serait capable de faire si une cliente avait une remarque désobligeante.

 

Par ailleurs, faut savoir aussi que MissTasspé a une liste de colles aussi longue que ma wish-list de Noël dernier.

Preuve en est, elle est collée 2 heures tous les mercredis jusqu’à la fin de l’année, que ce soit pour les retards systématiques à chacun des cours, ou les pauses pipi qu’elle s’octroie pour passer des coups de fil ou faire des batailles d’eau dans le couloir, ou encore pour son insolence à faire pâlir de jalousie un Mickaël Vendetta.

J’en ai d’ailleurs fait les frais mardi, lendemain du conseil de classe.

- M’dame, vous habitez loin du lycée ?

- Non, à une quinzaine de kilomètres.

- Haaaaan mais c’est la campagne ! C’est comme vous !

Quelques jours plus tard…

- M’dame, j’peux aller à l’infirmerie ?

- Non.

- Comment ça, « non » ?

- Non. N.O.N. Non.

- Mais j’ai mal au ventre !

- Tu pourrais avoir mal au ventre, à la tête et au cul que je te dirai non quand même. Pas mon problème.

- Vous vous en fichez que j’ai mal ?

- Oui. De plus, on les connait tes petits combines pour esquiver les cours. T’es rentrée dans la classe en gambadant, tu viens de passer une demie heure avec l’assistante d’anglais, t’avais largement le temps d’aller à l’infirmerie !

- Ouais, mais j’ai pas pensé.

- C’est que t’as pas mal, alors. Maintenant, tu vas t’asseoir, on fait l’interro de compréhension orale.

- Mais puisque je vous dis que j’ai mal ! Eh puis, je vais pas le faire votre contrôle !

- Ben t’auras zéro, c’est tout.

- J’m'en fous d’avoir zéro ! Et puis j’y vais à l’infirmerie, c’est pas vous qui allez m’en empêcher.

- Ben c’est ça, va-y, CASSE-TOI !!!

Oui, j’ai perdu mon sang froid. J’ai même été dire aux autres que c’était à cause de cette « Pétasse » qu’elles ne m’auraient pas l’année prochaine, que trop c’est trop.

- Quoi M’dame ? A cause d’une seule fille vous ne reprenez pas l’année prochaine ???!

- Mais vous pouvez pas nous faire ça !

- Surtout qu’elle ne sera plus là !

- Ben je ne vais pas courir le risque, car d’une elle ne trouvera pas de patron donc il y a de fortes malchances qu’elle reste, et de deux, elle refuse d’écrire une lettre de démission,  quoiqu’elle en dise d’en avoir marre du lycée. C’est bon, moi j’ai donné, hein, j’en suis arrivée au point G, comme Gerbe. Le simple fait de la voir, ça me donne la nausée, c’est physique.

J’ai été réconfortée par leur déception. Ca m’a remonté le moral de les voir affligées.

Sauf que ces larmounettes, c’était par crainte d’avoir une collègue qui tient ses classes de façon quasi-militaire.

- Mais on veut pas l’avoir, elle !!!

Ouch !

Mais ce qui a fini de m’achever, c’est que Misstasspé soit dispensée de cours cette semaine, pour aller effectuer un stage d’une semaine dans une entreprise, afin de la « remotiver ».

Et à son retour, on lui donnera une médaille en chocolat aussi ???!

Et à l’inverse, que fait-on pour nos élèves qui s’accrochent, s’investissent, et surtout, sont respectueux ?

Ceux qui ne se battent pas à coup de couteau ou autre bombe lacrymo devant le lycée (surtout un soir de portes ouvertes…) ?

Ceux qui ne s’amusent pas à se faire une bataille de pain en cours ?

Ceux qui ne te jettent pas une paire de ciseaux parce qu’on leur a demandé de se déplacer ?

Ceux qui à l’instar de Misstasspé pètent plus haut que leur cul et qui sont intouchables ?

Ceux qui brûlent une capuche d’une élève en plein cours et qu’on tente d’étouffer l’affaire pour ne pas faire de vague ?

Ceux qui te font perdre ta bienveillance en usant ton stock de patience et compréhension au point d’aller les critiquer avec une classe de choupinettes, après que MissTasspé soit rentrée dans ta classe par mégarde, sans frapper ni s’excuser de s’être trompée de salle :

- (choupinettes): Ha ha, quelle gourde !

- Vous l’aimez pas, vous non plus, à ce que j’vois ?

- Nan, elle s’y croit trop cette meuf ! Vous l’avez ?

- Hélas…

- Elle s’appelle comment ?

- Pauline. Avec un « P » comme pétasse.

- (une choupinette): Mais M’dame ! Moi aussi je m’appelle Pauline !

 

 

 

 

 

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